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Les Nouvelles Aventures de Sabrina, ou comment je me suis ennuyé pendant 10h sans m’en rendre compte

Après avoir sévi dans une série des années 90 devenue culte, Sabrina revient. Et elle a bien changée. Adieu ambiance bonne enfant et décors colorés : Netflix a fait un choix radical entre séance d’exorcisme, meurtres et démons médiocres. Un programme alléchant qui ne sert pourtant que de façade.

Trop jeune pour avoir connu la série originale ? Ou simplement trop occupé pour avoir pris le temps de la découvrir ? Force est de constater que lorsque l’on débarque ainsi en terrain inconnu, s’étalent devant nous tout un univers alléchant et ses personnages.


C’est avec grand plaisir que je passe le premier épisode. Je jubile devant le second, j’enchaîne avec un troisième. Finalement, sans m’en rendre compte, j’avale en quelques jours les dix épisodes d’une heure qui constituent cette première saison.
J’en ressors avec une impression de satisfaction.

L’heure des sorcières ?

Pourtant, je ne cesse de repenser à l’épisode final. Une désagréable impression d’en avoir vu plus pendant ses cinq dernières minutes que pendant les heures qui ont précédées. Il faut dire qu’en quelques instants la série nous balance à la figure tout ce qu’elle trouve à proximité. Des changements radicaux de la psychologie de personnages ou de leurs relations, des confrontations en passant par des séparations brutales ou des révélations peu renversantes. C’est ainsi que pendant 9 épisodes, les évolutions sont inexistantes, et la situation initiale reste la même.
Et c’est dommage, car la fracture entre les deux mondes (celui des humains et des sorciers-ères) dans lesquels évoluent Sabrina est plutôt bien exploitée. Les comportements et relations de l’apprentie sorcière sont intéressants et sont accompagnés par un casting attachant… quand il n’est pas horripilant.
Sur le fond, la série se permet même d’aborder la non-binarité, la religion ou encore l’abus de pouvoir. Des thèmes singuliers qui, malheureusement, sont survolés de manière superficielle et anecdotique.

Satan, bénit les cliffangers

Si je me suis laissé emporter pendant une dizaine d’heures, c’est aussi grâce à cette invention du diable que sont les cliffangers. Même s’ils ne sont pas présents à chaque fin, ils sont maîtrisés et ont eu raison de moi. Et ce même lorsqu’il ne s’était rien passé durant l’heure précédente.


Si je confesse à posteriori m’être fermement ennuyé, il serait malhonnête de dire que je n’ai pris aucun plaisir à voir les personnages évoluer (physiquement, pas psychologiquement on l’aura compris), dans un monde aux règles inversés. Le traitement de la religion satanique et la foule de détails qui l’accompagne, que ce soit dans les dialogues ou dans les décors sont intrigants et suscitent un intérêt constant.
Dans cette ambiance paradoxalement assez légère, certains plans sont vraiment beaux et harmonieux (l’arbre aux sorcières, la scène de la pomme, les limbes). Dommage que l’on puisse les compter sur les doigts d’une main. La plupart du temps, on se contente d’un banal flou sur les bords du cadre. Un effet de style qui amuse quelques instants, pour rapidement ne plus avoir aucune utilité.
Alors qu’une seconde saison a déjà été confirmée, reste à savoir si je serais prêt à me plonger dans une seconde saison en ayant à l’esprit les lignes que je viens d’écrire…

 

En mentionnant le mot sorcières, je ne pouvais pas passer sous silence une œuvre aux défauts bien différents, mais qui a le mérite d’aller au bout d’une vision et de tenter beaucoup plus de choses que ne le fait Les Nouvelles Aventures de Sabrina.
Lords of Salem de Rob Zombie c’est une expérience singulière et divergente mais qui, elle, ne dure qu’une heure quarante.

Note finale : Une pelote de laine, deux sabots et quatre bougies / 20



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