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Alors, heureux ? (Happy! - Critique saison 1)

En septembre 2013 (soit il y a déjà plus de 4 ans. Ouch.), je sortais une courte critique de Happy! écrit par Grant Morisson avec Darick Robertson aux dessins. Je vantais les mérites d'un graphic novel "mature, sombre et dur", avec un humour noir surprenant et un vrai grain de folie.


Début 2018, j'ai découvert aux hasards de mes navigations sur internet qu'une série adaptée du comics était en cours de diffusion sur Syfy. Non content d'être écrite et réalisée par Brian Taylor (que j'aime beaucoup, et qui a bossé en duo avec Mark Neveldine sur un bon nombre de longs-métrages. Je retiens surtout l'irrésistible Crank avec Jason Statham), le show semblait recevoir de bonnes critiques de la part du public.

Un épisode de 50 minutes plus tard : j'étais accro. Et il me suffira d'une après-midi pluvieuse pour rattraper mon retard. Après 8 épisodes, la série vient tout juste de se terminer avec la diffusion du season final le 1er février.
Alors. Que penser de cette adaptation ?


"I don't think I can die"

Le premier point qu'il me semble intéressant d'aborder est la justesse avec laquelle Brian Taylor parvient à respecter l'esprit de l’œuvre originale, tout en gardant une très grande liberté créative.
Même plusieurs années après ma dernière lecture, ce qui me reste en tête du graphic novel était cette opposition parfaitement écrite entre l'univers sombre et froid dans lequel vit Nick Sax, et l'apparition de cette licorne imaginaire fantaisiste, émergeant de l'esprit d'une fillette d'une dizaine d'années.

Ici, et aussi surprenant que cela puisse paraitre compte tenu de la difficulté d'adapter une telle relation à l'écran, celle-ci est parfaitement gérée. On s'attache aussi bien à Sax qu'à Happy, et on frissonne quand ce dernier découvre peu à peu la réalité du monde qui l'entoure.

Les personnages sont légions, loin des archétypes du genre, et si toutes leurs interactions sont pertinentes (bien que quelques-unes mériteraient d'être approfondies), certains pourront regretter que quelques acteurs soient dans le surjeu (je ne dévoilerais pas le nom des personnages pour ne pas spoiler l'intrigue, mais je pense notamment à l'épisode 7).

Attention cependant : âmes sensibles s'abstenir. Comme on pouvait s'y attendre à la vue du matériel de base, la série est très, très violente. Les gerbes de sang et les membres volent à l'écran, mais cela participe pleinement à l'esthétique quelque peu vulgaire de l'univers qui est dépeint ici.
Si le propos de base est dérangeant (il suffit de voir le trailer pour s'en rendre compte), plus l'on suit Sax dans sa quête, plus l'on se sent mal à l'aise. Certaines scènes sont tout bonnement hallucinantes, et semblent tout droit sorties d'un cerveau pervers et dégénéré. On appréciera ou pas, mais on ne peut pas rester indifférents face à cette folie pure.


"We are the best team or what ?"

On sent fortement la patte de Brian Taylor à travers l'image. Les couleurs sont saturées, le montage parfois à la limite de l'épilepsie, et les scènes d'action parfaitement mises en scène. Néanmoins, lors des scènes qui demandent du calme (oui, il y en a. Peu, mais elles existent), la caméra parvient à se poser. L'ambiance musicale joue (évidemment) avec la période de Noël, en nous ressortant tous les grands classiques. Ce qui peut devenir un peu rébarbatif après avoir entendu pour la dixième fois "Jingle Bell" sur une scène de fusillades.


"Hocus Pocus motherf*cker"

On l'aura compris, Happy! n'est pas une série où la subtitilé est de mise. Entre coups de feu, bastons, sexe, cadavres qui reviennent à la vie, scènes de tortures, insultes ou drogues.. si vous cherchez une écriture qui laisse la place à l'expression des sentiments (autres que la violence), vous pouvez à coup sûr passer votre chemin.
Si en revanche vous voulez un bon défouloir jouissif, qui ne cesse de surprendre par sa narration ou son visuel, la dernière création de Syfy peut valoir le coup d’œil. Croyez-moi, vous n'en sortirez pas indemne...
Et à la vue de ce season final on peut espérer, a l'avenir, découvrir encore plus de cette série atypique.

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Avec une rapide recherche Google, ou si l'on se rend sur son site, on apprend qu'il est né en 1983 (ce qui lui fait 34 ans à ce jour), et qu'il vit aujourd'hui à Austin (Texas).


Il a écrit et publié trois livres (dans lesquels on retrouve aussi bon nombre de ses dessins, sa seconde passion) : Show Your Work!, Newspaper Blackout et Steal Like an Artist (aussi disponible sous la forme d'un journal).



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