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Rien de nouveau chez les dinos, Chroniques Indécises : Jurassic World

Jurassic Park. Rien que l'évocation de ce nom suffit à provoquer chez bon nombre d'aficionados de la première heure la présence de bave aux coins des lèvres. Tenter seulement de parler des deux suites, et ils tenteront de vous égorger avec leur T-rex en plastique, en vous gueulant que "Non, ces films ne font pas partie de la saga". Alors quid de ce nouvel opus, attendu comme le messie ? J'avoue qu'avec tous les commentaires élogieux que j'ai pu lire sur Twitter, venant pour la plupart de gens qui ne connaissent rien au 7ème art (ce n'est pas une critique, simplement une constatation) et pensent que Avengers : l'ère d'Ultron est un bon film, il y avait de quoi avoir peur. Oui, il y avait bien de quoi.

Quoi de mieux pour attirer les foules dans les salles obscures, que de mettre en tête d'affiche Chris Pratt, nouveau chouchou des fans depuis son très sympathique rôle de Star-Lord. Je n'ai rien contre cet acteur, j'avais particulièrement apprécié sa performance dans les gardiens de la galaxie, mais il faudrait peut-être éviter de toujours lui donner le même genre de rôle. Difficile de lui faire un procès d'intention dans Jurassic World tant il est évident qu'il tente de faire de son mieux malgré son personnage sûrement écrit par un mec sans aucune imagination propre, et qui se contente de reprendre ce qui marche à Hollywood depuis 20 ans. Du coup, on se retrouve ici avec un acteur complètement enfermé dans son rôle-archétype.
Tiens, et pendant qu'on parle d'acting : qui a eu la merveilleuse idée de foutre deux gamins plus insupportable l'un que l'autre dans ce film ?  Entre eux, Omar Sy qui ne sert à rien à part à faire la promo du film (coucou Days of Future Past), et Bryce Dallas Howard, qui propose une prestation à la limite du ridicule, c'est le vide le plus total. Ce qui semble de plus en plus être une constance dans l’industrie du blockbuster actuelle.

Mais si il y a bien un point qui est complètement ridicule, c'est le semblant de scénario que nous propose le film. Sous couvert d'une réflexion (vide elle aussi) sur la réalité actuelle de l'industrie cinématique et passé le côté jouissif de la découverte du parc, tout se barre. Dans des directions opposées. Les personnages enchaînent des répliques sans aucun sens, certaines scènes font involontairement rire (le véhicule des deux gamins...), et les incohérences scénaristiques sont légions. Ainsi, le spectateur un tant soit peu attentif ne pourra que les remarquer tant elles sont évidentes. On se croirait presque sur Nanarland.

Je préfère conclure ce papier sans évoquer la réalisation ou la mise en scène. La raison principale à cela et qu'il n'y a strictement rien à dire dessus (ah si : le mot qui convient est navrant), Colin Trevorrow se contente de proposer un film, qui certes, marchera en salle en jouant sur la corde sensible des fans et des amateurs de grand spectacle, mais reste conventionnel à tout les niveaux. Les effets spéciaux sont eux d'un standard correct, bien que le premier Jurassic Park parvienne parfois à humilier Jurassic World tant certaines des CGI de ce dernier sont grotesques.

Il serait bien que le parc ferme définitivement ses portes, et qu'Hollywood arrête de vouloir violer la licence encore et encore en proposant des suites de plus en plus mauvaises, ce qui en deviendrait presque drôle tant c'est ridicule. Enfin ça me ferait presque marrer si le film ne venait pas de faire le plus gros démarrage de tout les temps. Du coup, tout ça me rend plutôt triste, surtout en tombant sur un article de Télérama d'il y a quelques années et annonçant la mort du cinéma pour ... 2015. On y est, vous ne croyez pas ?

Cette chronique est un exercice de style et est purement fictionnelle. Elle ne reflète en aucun cas mes opinions personnelles.

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Avec une rapide recherche Google, ou si l'on se rend sur son site, on apprend qu'il est né en 1983 (ce qui lui fait 34 ans à ce jour), et qu'il vit aujourd'hui à Austin (Texas).


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