samedi 17 octobre 2015

Critique : Scream

Scream fait partie de ces très trop nombreux films qui m'attendent pour un visionnage en bonne et due forme. Parce qu'il faut bien commencer quelque part, et comme l'hiver approche ( pitié, ne me parlez pas de Games Of Thrones ), j'ai (enfin) décidé d'ouvrir la liste de mes favoris sur Pop Corn Time et de sélectionner un film au hasard de manière totalement arbitraire.

Après cette introduction définitivement trop longue, il est temps d'entrer dans le vif du sujet. Scream est donc un film réalisé par Wes Craven, sorti en 1996, et possédant pour casting un ensemble d’adolescents tous plus inconnus les uns que les autres ( du moins à ma connaissance. Et la flemmardise n’empêche d'aller vérifier. ).

Tâchons donc de nous atteler à cette énième critique en commençant par se concentrer sur les défauts de l’œuvre de Wes Craven. Craven, qui, pour prouver que Scream est vraiment un film d'horreur, n'a rien trouvé de mieux que de nous balancer un jump-scare toutes les trente secondes, en particulier pendant les premières séquences du film. Alors ok, c'est marrant deux minutes, on sait que c'est un procédé commun à quasiment tous les films d'horreur (surtout que celui-ci s'attache à jouer avec ces codes, j'y reviendrais ), mais rapidement tout ça devient lassant. Surtout qu'ils se ressemblent tous.

Je pense qu'il est superflu de parler de l'intrigue, tant celle-ci est classique, connue de tous et ne réserve que peu de surprises.

Dans l'introduction, je parlais des acteurs adolescents, tous inconnus. J'en arriverais presque à trouver leurs personnages sympathiques si leur jeu d'acteur n'était pas à ce point dans l'exagération, dans l'humour toujours un peu forcé et dans les dialogues toujours plus beaufs.

A toutes mes critiques formulées dans les paragraphes précédents, on pourrait m'opposer que Scream est, justement, un film second degré qui se joue de tous les codes du cinéma d'horreur des années 80-90. Et c’est justement par ces aspects que, selon moi, le film pêche. On sent que tout a été fait pour "parodier" (entre guillemets, car je ne considère pas l’œuvre comme une parodie au sens propre), mais néanmoins, on a l'impression qu'il ne parvient pas à totalement assumer ce côté "jouer avec les codes", et que le réal hésite entre faire slasher-movie pur et dur et faire un détournement à la Scary Movie. Là où ce dernier assume, ne réfléchit pas une seconde et tombe, en le revendiquant, dans le ridicule, l'exagération, et l'humour facile.

Si le fait de ne pas savoir ce que je regardais, et de me questionner sans cesse sur la démarche et les intentions de Craven m'a dérangé pendant le visionnage du film, cela ne m'a cependant pas empêché de profiter d'un bon moment de cinéma. En témoigne la quantité de notes concernant les aspects positifs que j'ai prise sur mon carnet.

Il est en effet impossible de reprocher au réalisateur d'avoir développé (de manière superficielle, mais intéressante), au détour d'un dialogue premier degré sur le sexe ou l'alcool, des réflexions sur des thèmes aussi divers que la cruauté des adolescents, sur le cinéma d'horreur (logique), ou sur ce que sont prêt à faire les médias et les journalistes pour obtenir un scoop (ce qui fait encore plus écho aujourd'hui avec les événements de Janvier dernier).


Ce que l'on pourrait définir comme "l'ambivalence" de Scream, contribue en grande partie à en faire un film culte. A côté de dialogues beaufs, de personnages et d'un jeu d'acteur ridicule, d'un gore exacerbé, on découvre que Craven est beaucoup moins idiot qu'il veut nous le faire croire, et propose de très belles choses, aussi bien au niveau des thèmes abordées, que de la réalisation ou encore du montage. Une œuvre à voir, et qu'il serait idiot de réserver aux seuls fans de film d'horreur !

mardi 11 août 2015

Les Minions : autopsie d'un désastre annoncé

Ahhh les Minions, qui n'en a pas entendu parler ? Difficile de passer à côté de leur petite tête jaune depuis quelques mois et l'annonce du premier film qui leur est consacrés. Il faut dire que sa promo était certainement l'une des plus agressives ( et des plus coûteuses ) de ces dernières années. Le sujet est vaste, et les raisons de l'échec des Minions ( plutôt critique que public, au vu du succès retentissant du film au box-office ), nombreuses.


Secondaires ou principaux ?

Parce qu'il faut bien commencer quelque part, pourquoi ne pas discuter du rôle des Minions ? Les faire passer du rôle de personnages secondaires dans Moi, Moche et Méchant, à héros de leur propre film était-il vraiment une bonne idée ? La réponse est assurément non.

Profiter du succès plus que conséquent et vouloir exploiter jusqu'au bout leur potentiel est compréhensible, quoique, avec les limitations évidentes des personnages, peu judicieux si l'on veut une œuvre de qualité. Je ne suis pas le dernier à les trouver sympathiques voire drôles, mais leur consacrer un film d'une heure et demi ne les rend, à mon grand désarroi, que plus insupportable, et l'humour, qui ne change pas d'un iota par rapport à ce qu'on connait d'eux, est redondant.

Essayez de ne pas les frapper.

Trois c'est deux de trop

3. C'est le nombre de bande-annonces consacrées au film qui sont sorties, étalées sur une période de plusieurs mois. Chacune d'elle totalise plusieurs millions de vues sur Youtube. Impossible de passer à côté et de ne pas les voir. Impossible donc d'éviter que nous soit dévoiler la quasi-totalité du déroulement du film. A part quelques bonnes idées qui se comptent sur les doigts de la main, les surprises sont quasiment absentes, et l’œuvre ne nous propose guère plus que ce que les trailers promettaient.


Du marketing en veux-tu en voilà

Je l'ai déjà dit plus haut, mais le marketing des Minions est sans comparaison possible, l'un des plus aggressifs de ces dernières années. Si encore il n'y avait eu que les bandes-annonces. Mais quid des produits dérivés, fer de lance de l'industrie cinématographique actuelle ? Ne dites rien, je sais que vous connaissez déjà la réponse. Des mois avant la sortie du film les têtes de Stuart, Kevin et Bob, protagonistes principaux, étaient partout.
Et pas seulement dans les magasins de jouets. On a pu voir, entre autres, des articles de plage, des tasses, des pansements, des t-shirts, ou encore des raclettes lave-glace minions ( véridique ), et en se promenant à Los Angeles, on peut même tomber sur un cinéma entièrement re-décoré. Vouloir sortir de chez soi sans croiser une de ces têtes jaunes devient alors un véritable parcours du combattant.


Le semi-échec ( faut bien relativiser ) du film ne s'explique pas seulement par sa qualité médiocre, mais plutôt par sa promotion et pour toutes les raisons citées plus haut. L'équipe marketing ( sans aucun doute aidée par plusieurs centaines de milliers de dollars ), a réussi l'exploit, des mois déjà avant même la sortie, à abrutir le public à coups de campagnes intrusives, invasives et ( très ) nombreuses.
L'attente crée n'en était que plus grande, et le public a ( semble t-il ) était globalement déçu du manque cruel de surprises et de nouveautés par rapport a ce qui était annoncé.

lundi 27 juillet 2015

#LoiRenseignement et "Nothing to hide"

Le "Nothing to hide", est un argument que beaucoup ont déjà utilisé, parfois même sans savoir ce qu'il veut dire. Son origine n'est pas récente, mais on note une forte recrudescence de son emploi depuis la création de la toute nouvelle loi renseignement du gouvernement de Manuel Valls ( à ce propos, je ne peux que vous conseiller la lecture du long dossier, parfois un peu opaque mais passionnant, qui est consacré à cette dernière dans le numéro 5 de la revue d’Humanoïde ).
Mais cet argument vaut-il vraiment quelque chose ? Et surtout quelle est, aujourd'hui, sa signification ?

Pour une grande majorité des citoyens occidentaux, l'une des missions essentielles de l’État est leur protection. Afin de rendre celle-ci plus efficace, l'un des impératifs semble être l'utilisation de la pléthore de nouveaux outils technologiques disponibles. Enfin tout du moins, nouveaux pour les têtes pensantes du gouvernement.
Cependant, la société, qui auparavant ne se préoccupait pas, ou très peu, de la manière dont elle était protégée, commence à se poser des questions; celles-ci s'accroissant au fur et à mesure des scandales ( affaire Snowden en 2013  ) et des révélations ( les écoutes des chefs d'états français par la NSA, dévoilées récemment par Libération et Wikileaks ).
Cependant, même si de plus en plus de citoyens se demandent, légitimement, si la lutte contre le terrorisme n'est pas prétexte à une surveillance délibérément accrue, la majorité ne se préoccupe toujours pas de telles questions, et préfère utiliser l'argument "Nothing to hide" ( en français, "je n'ai rien à cacher" ).
Celui-ci est avant tout une réponse à une question, celle de savoir jusqu'à quel point la vie privée peut devenir publique afin de répondre à des impératifs de sécurité.
Quelle quantité, et quelles informations sommes-nous prêts à échanger ( voire à sacrifier ) contre notre sécurité ? Cette question mérite d'être posée, et les réponses, d'être mûrement réfléchies.


Pour de nombreuses raisons, cet argument est à oublier. En voici quelques-une ( en vrac ) :

- Car tout le monde a des secrets, ou quelque chose à cacher. Les premiers à dire qu'ils n'en possèdent pas, sont ceux qui en ont le plus.
- Car la vie privée est nécessaire à la stabilité de la société. Sans elle, ou lorsqu'elle devient publique, la société se retrouve au bord de l'effondrement.
- Car la loi étant en constante évolution, ce qu'il était légal de faire ( par exemple sur internet ) aujourd'hui peut ne plus l'être demain.

A celles-ci, on peut ajouter des critiques techniques à opposer aux partisans du "Nothing to hide". Par exemple, le fait qu'il soit impossible ( ou tellement complexe que cela en devient impossible ) à un citoyen d'avoir accès aux données le concernant, données qui peuvent parfois même être erronées. De plus, les citoyens n'ont pas ( et n'auront probablement jamais ) l'occasion de savoir si offrir une partie plus ou moins importante de leur vie privée a permis d'obtenir une sécurité plus efficace et une meilleure protection. Pas très étonnant : la transparence fonctionne, encore et toujours, de manière uni-latérale.

Ce débat sur le "Nothing to hide", ou plus généralement sur la loi renseignement ( qui vient d’ailleurs d'être validé définitivement, aujourd'hui, vendredi 24 juillet ), est vaste, et à poursuivre. Il est vraiment dommage que les premiers concernés par cette loi ( ne nous voilons pas la face, jamais les dirigeants ne seront soumis à celle-ci ), les citoyens lambdas, malgré les critiques acerbes qu'ils en ont fait, aussi bien sur les réseaux sociaux que lors de manifestations, n'aient pas été consultés, d'une manière ou d'une autre...

Source : L'apéro du Captain #209

mardi 7 juillet 2015

Au Château d'Oléron, des reprises sinon rien

En ce lundi 06 juillet, on avait droit sur la place principale du village à l'ouverture de la saison culturelle estivale du Château d'Oléronavec deux groupe dont j'ignore tout ( jusqu'au nom ), et honnêtement, je m'en fous complétement.
Je ne sais pas si les programmateurs ont claqués tout l'argent de la saison avant l'été, ou si le budget est reservé aux concerts suivants ( j'espère sincèrement que ma deuxième spéculation est la bonne ), mais le sentiment qu'il me reste après cette soirée, est d'une entrée en matière inintéressante et loupée.
Tellement nulle que j’écris ce papier, en souffrant d'un mal de dos à imputer aux chaises en plastique pourries, pendant que sur scène, on a droit à Blondie, Bruno Mars ou encore Johnny Hallyday. On se serait cru à une soirée en partenariat avec Nostalgie ou NRJ.

Le premier groupe ( je n'ai pas grand chose à dire sur celui là, étant donné que je suis arrivé à la bourre. Mais le peu que j'en ai vu m'a suffit ), comme le second, se sont contentés de reprises des plus classiques, et si les musiciens font à peu près le taff que l'on attend d'eux, la ville devrait vraiment penser à se payer un régisseur du son. C'est à peine si les concerts étaient audibles à cause du chant saturé et désagréable, quand il n'est pas carrément faux. Et oui, n'en déplaise à la chanteuse de la seconde partie, avoir de l'énergie sur scène ne fait pas tout.
Mention spéciale à ce groupe, qui trouve le moyen de défoncer violemment le peu d'originalité qu'il leur restait, en diffusant les lignes de basse, de piano, ou de synthé originales. Quitte à vouloir ressembler aux groupes repris, et quand on n'a pas de talent, autant l'assumer jusqu'au bout.

Et le pire dans tout ça, c'est que le public, essentiellement jeune et composé de vacanciers, semblait enthousiaste. Il faut dire que la soirée était gratuite, et que le fait qu'on se serait cru à la soirée hebdomadaire du camping moisi du coin a dû bien arranger les choses. Au moins, les spectateurs ne devaient pas êtres trop dépaysés.

mardi 23 juin 2015

Chronique : Freelance, Grover Lewis à Rolling Stone

J'ai découvert Grover Lewis grâce à la sortie récente d'un recueil regroupant nombre de ses articles, Le cinéma infiltré, chez Capricii. M'étant découvert une passion pour le bonhomme, j'ai décidé d'en apprendre un peu plus grâce à l'ouvrage de Philippe Garnier ( si vous ne le connaissez pas, sachez que son nom est à retenir ) Freelance, Grover Lewis à Rolling Stone.

Ce bouquin est une véritable mine d'or ( et je pèse mes mots ), remplie d’anecdotes, d'informations captivantes aussi bien sur Lewis, que sur le cinéma, Rolling Stone, le journalisme, voire même sur l'Amérique en général. Chacun pourra donc y trouver son compte. Mais devant la masse conséquente de matière, on pouvait avoir peur que le livre soit un peu fouilli. Et, malheureusement, c'est un peu le cas, la faute en particulier à un chapitrage un peu bordélique. L'auteur nous perd parfois, et on a l'impression que lui-même ne sait pas trop où il va.

Je ne saurais que trop vous conseiller de lire cet ouvrage en ayant à portée de main un carnet, histoire de prendre note des nombreuses informations que donne Philippe Garnier au fil des pages.
Il peut également être utile de vous munir d'un dictionnaire ( si vous lisez sur une liseuse comme moi, celui-ci est déjà fourni, et c'est bien pratique ), car certains morceaux d'articles, "intraduisibles" selon l'auteur, sont présentés directement en VO. Une idée qui pourra en déranger certains, mais qui prouve l'amour que porte Garnier aux textes de Grover Lewis.

 

Comble du bonheur, deux articles de ce dernier, parus à l'époque dans Rolling Stone, sont présents en intégralité. Beyond the fuck-up line, ( avec Robert Mitchum ! ), dans une traduction un peu meilleure que celle proposée dans le cinéma infiltré, ainsi que l'un des meilleurs papiers de l'auteur : Splendor in the short grass.
Splendeur dans l'herbe rase en français, est ici à la fois présent en Version Originale, et dans une version traduite par Garnier lui-même ( quand on sait qu'il a traduit Bukowski, on ne peut qu'approuver toutes ses traductions ).

En plus d'être une source quasiment impérissable d'informations sur le journalisme de cinéma, rien que pour ces deux textes, l'achat du livre est indispensable. Prenez votre temps, prenez des notes, mais lisez-le !

jeudi 18 juin 2015

Rien de nouveau chez les dinos, Chroniques Indécises : Jurassic World

Jurassic Park. Rien que l'évocation de ce nom suffit à provoquer chez bon nombre d'aficionados de la première heure la présence de bave aux coins des lèvres. Tenter seulement de parler des deux suites, et ils tenteront de vous égorger avec leur T-rex en plastique, en vous gueulant que "Non, ces films ne font pas partie de la saga". Alors quid de ce nouvel opus, attendu comme le messie ? J'avoue qu'avec tous les commentaires élogieux que j'ai pu lire sur Twitter, venant pour la plupart de gens qui ne connaissent rien au 7ème art ( ce n'est pas une critique, simplement une constatation ) et qui plus est, pensent que Avengers : l'ère d'Ultron est un bon film, il y avait de quoi avoir peur. Oui, il y avait bien de quoi.

Quoi de mieux pour attirer les foules dans les salles obscures, que de mettre en tête d'affiche Chris Pratt, nouveau chouchou des fans depuis son très sympathique rôle de Star-Lord. Je n'ai rien contre cet acteur, j'avais particulièrement apprécié sa performance dans les gardiens de la galaxie, mais il faudrait peut-être éviter de toujours lui donner le même genre de rôle. Difficile de lui faire un procès d'intention dans Jurassic World tant il est évident qu'il tente de faire de son mieux malgré son personnage sûrement écrit par un mec sans aucune imagination propre, et qui se contente de reprendre ce qui marche à Hollywood depuis 20 ans. Du coup, on se retrouve ici avec un acteur complétement enfermé dans son rôle-archétype.
Tiens, et pendant qu'on parle d'acting : qui a eu la merveilleuse idée de foutre deux gamins plus insupportable l'un que l'autre dans ce film ?  Entre eux, Omar Sy qui ne sert à rien à part à faire la promo du film ( coucou Days of Future Past ), et Bryce Dallas Howard, qui propose une prestation à la limite du ridicule, c'est le vide le plus total. Ce qui semble de plus en plus être une constance dans l’industrie du block-buster actuelle.

Mais si il y a bien un point qui est complètement ridicule, c'est le semblant de scénario que nous propose le film. Sous couvert d'une réflexion ( vide elle aussi ) sur la réalité actuelle de l'industrie cinématique et passé le côté jouissif de la découverte du parc, tout se barre. Dans des directions opposées. Les personnages enchainent des répliques sans aucun sens, certaines scènes font involontairement rire ( le véhicule des deux gamins,  tu es sérieux, film ? ), et les incohérences scénaristiques sont légions. Ainsi, le spectateur un tant soit peu attentif ne pourra que les remarquer tant elles sont évidentes. Pour un peu on se croirait sur Nanarland.

Je préfère conclure ce papier sans évoquer la réalisation ou la mise en scène. La raison principale à cela et qu'il n'y a strictement rien à dire dessus ( ah si : le mot qui convient est navrant ), Colin Trevorrow se contentant de proposer un film, qui certes, marchera en salle en jouant sur la corde sensible des fans et des amateurs de grand spectacle, mais reste conventionnel à tout les niveaux. Les effets spéciaux sont eux d'un standard correct, bien que le premier Jurassic Park parvienne parfois à humilier Jurassic World tant certaines des CGI de ce dernier sont grotesques.

Il serait bien que le parc ferme définitivement ses portes, et qu'Hollywood arrête de vouloir violer la licence encore et encore en proposant des suites de plus en plus mauvaises, ce qui en deviendrait presque drôle, tant c'est ridicule. Enfin ça me ferait presque marrer si le film ne venait pas de faire le plus gros démarrage de tout les temps. Du coup, tout ça me rend plutôt triste, surtout en tombant sur un article de Télérama d'il y a quelques années et annonçant la mort du cinéma pour ... 2015. On y est, vous ne croyez pas ?

Hormis le dernier paragraphe qui reflète réellement mon point de vue, le reste de cette chronique est purement fictionnel.

lundi 15 juin 2015

Chronique : Adieu au langage, Jean-Luc Godard

En 2014, Jean-Luc Godard faisait son grand retour avec une nouvelle œuvre ( film, expérience fantasque et déconnecté, chacun sera son propre juge ), qui a provoqué bon nombre de débat. Et c'est de celle-ci que nous traiterons.
Dans Adieu au langage, Godard fait en effet fi de toutes les règles les plus élémentaires du cinéma, aussi bien en terme de narration, d'image que de montage.
Sans grande surprise, vous retrouverez ce qui a fait la marque du réalisateur : plans débullés ou à l'envers, son mal synchronisé ou qui se superpose, plans coupés avant la fin, image qui saccade ( j'avoue que des fois j'ai cru à un problème venant de mon ordinateur ), caméra qui tremble ...
Le pire étant la narration totalement inexistante. Oh, il est bien possible que vous aperceviez parfois un genre de trame, mais si vous essayez de la suivre, bien mal vous en aura pris : il ne vous faudra pas longtemps avant de vous reperdre dans les méandres du film. Dès les premiers minutes même vous y tomberez, et ne parviendrez à en sortir qu'au terme d'une heure dix.

Comment espérer sortir de cette expérience labyrinthique, quand tout est en effet fait pour que tous les chemins soit fermés ( quand bien même il en existerait un ). Vous y trouverez entre autre des dialogues écrits sans aucune logique discernable par un être humain "normal" ( ce que Godard n'est à l'évidence pas ), des acteurs complétement à côté de la plaque ( tous sont amateurs ), des plans montés à l'arrache ( et aléatoirement ) sous Windows Movie Maker, des images moches, des extraits de vieux film, de la musique classique, un chien, une femme nue, un bateau, encore un chien et bien d'autres.

Non, l'image n'est pas de mauvaise qualité : certains plans du film sont comme ça.

Bon, dis comme ça, j'avoue que ça ne donne pas envie. Mais putain : je trouve ça fascinant. Selon mon analyse ( sans aucun doute complètement nulle ), le film ne doit pas être pris comme un tout. La mise en scène étant absente, et les plans n'ayant pratiquement aucun lien entre eux, tous doivent être pris séparément. Vous irez alors de ( bonnes ) surprises, avec quelques plans intéressants visuellement en ( mauvaises ) surprises, avec des vidéos que l'on croit que c'est un mec lambda qui a filmé ça avec la caméra de grand-père puis qui les a mises sur Youtube.
Tiens puisque l'on parle de la caméra du grand-père. Je trouve le processus de création du film complétement con. Con mais fascinant. Le réalisateur a donc tourné son film en numérique ( Canon 5D et autres machins ), puis a monté son film sur VHS ( arrêtez-moi si je me trompe ), avant de le re-numériser...

En attendant, Godard réussi bien son coup selon moi. Le rendu amateur du film est assumé, et on est baladé de plans hallucinants de conneries ( les toilettes... ), à d'autres sans plus grand intérêt, et le pire, c'est que le film n'est même pas ennuyeux. Ni bon, ni mauvais, il est, tout simplement.

lundi 8 juin 2015

Massacre en haute définition

Impossible de n'avoir jamais entendu parler de Massacre à la tronçonneuse, film culte par excellence et adulé par bon nombre de cinéphiles ( et aussi par les Autres ). Longtemps interdit en France ( moins d'une semaine après sa sortie en 1974, le film de Tobe Hooper est censuré, et il faudra attendre 1982 pour que le film puisse enfin ressortir, moyennant une interdiction aux moins de 18 ans ), et longtemps disponible en DVD dans des copies de qualité passable, TF1 vidéo nous propose ( enfin ), depuis fin 2014 une toute nouvelle version intégrale restaurée.
A vous le vrombissement de tronçonneuse en son 7.1 ( ou 5.1 si vous êtes pauvre et que vous devez vous contenter de regarder le DVD ), et la joie de voir Leatherface en 1080p Full HD sur votre écran incurvé de 2 mètres 50.
Désormais interdit aux moins de 16 ans ( les mœurs ont bien évolués depuis les années 80 ), avec plus de 4h de bonus ( commentaires audio, scènes coupées, conférence de presse, entretiens, documentaire ... ), et disponible pour moins de 20 euros, ce combo Blu-Ray + DVD est à posséder absolument.  Je n'essaierai même pas ici de vous "vendre" le film grâce à ses indéniables qualités cinématographiques : le titre s'en charge très bien lui-même. Et puis comme nous le dit si bien la jaquette : Massacre à la tronçonneuse est "Indispensable, terrifiant et culte". Ouaip, rien de moins.